Traité transatlantique : les nations d’Europe en danger

Bay Dijon 31 mars 2016

Éditorial de Nicolas Bay, Secrétaire général du Front National, Député français au Parlement européen du 06/05/2016

L’accord de libre-échange entre les États-Unis et l’Union Européenne (dit TAFTA) fait face à une vague d’hostilité croissante, et cela dans toute l’Europe, dont nous ne pouvons que nous réjouir.

Depuis plusieurs mois, le Front National ne cesse de dénoncer ce projet visant à libéraliser au maximum le commerce entre les deux rives de l’Atlantique tout en réduisant les normes, les droits de douane et les barrières réglementaires. Ses conséquences, non seulement pour notre économie mais aussi pour notre environnement et notre mode de vie, seraient catastrophiques.

Le projet de traité prévoit également un mécanisme d’« arbitrage des différends » entre États et investisseurs privés. Ce mécanisme, permettrait aux entreprises multinationales de traîner devant un tribunal les États qui tenteraient de protéger leurs intérêts nationaux.

Ainsi, plus concrètement, toute entreprise américaine investissant dans un pays européen aurait le droit de réclamer devant un tribunal d’arbitrage privé des dédommagements financiers de la part d’un État dès lors que celle-ci s’estimerait lésée par une nouvelle loi ou une norme (sanitaire, environnementale, sociale…) susceptible de restreindre ses profits.

Bœuf aux hormones, carcasses de viande aspergées à l’acide lactique, volailles lavées à la chlorite, est-ce donc ce qui nous attend si François Hollande ne met pas un terme aux négociations en cours ? Il faudrait vraiment faire preuve de cécité ou de cynisme pour ne pas voir que ce traité transatlantique ne répond qu’aux intérêts de Washington et ne bénéficiera qu’à des multinationales souhaitant s’affranchir autant que possible des normes.

Il ne peut y avoir de souveraineté et d’indépendance nationale sans maîtrise des échanges commerciaux. C’est pourquoi le gouvernement doit annoncer son retrait des négociations sur le traité transatlantique et affirmer un NON définitif.